En bref
- Nationalité
- Allemagne
- Mandat en cours
- Ex-ministre des Affaires étrangères · depuis 1 janvier 2020
Biographie
## Biographie
Joschka Fischer est le troisième enfant d'un couple d'Allemands de Hongrie qui ont quitté Budapest en 1946 après l'occupation de la Hongrie par l'Armée rouge. Ils s'installent à Langenbourg dans le Bade-Wurtemberg. Son surnom « Joschka » est dérivé de Jóska, diminutif du prénom hongrois József.
En 1965, il quitte le Gymnasium et entame une formation de photographe qu'il arrête une année plus tard.
En 1967, il s'engage dans l'Union socialiste allemande des étudiants (SDS), qu'il représente dans un voyage auprès des groupes palestiniens à l'hiver 1968-1969, remplaçant les dirigeants. Quelques semaines après ce voyage, son nom apparaît dans l'Ours du journal du SDS, peu avant la dissolution du syndicat.
Entre-temps, au printemps de 1968, il s'est rendu à Francfort-sur-le-Main pour assister aux conférences des théoriciens de la nouvelle gauche, Theodor W. Adorno, Jürgen Habermas et Oskar Negt. Le lundi de Pâques, il a participé avec Edeltraud, sa première épouse, au blocus de la maison d'édition Springer à Francfort-sur-le-Main pour empêcher la livraison du journal Bild. Quelques jours auparavant, Rudi Dutschke, leader du SDS, avait été victime d'un attentat dans la rue à Berlin.
Avec un groupe d'amis de Francfort-sur-le-Main, parmi lesquels Daniel Cohn-Bendit, il fonde en 1969 la librairie Karl-Marx et le mouvement d'extrême-gauche Revolutionärer Kampf (RK ; en français « Combat révolutionnaire »), qu'il qualifiera, en 1986, d'« anarcho-mao-spontex », mais qui entretient dès le début des relations étroites avec d'autres groupes maoïstes européens aux objectifs proches: Lotta continua en Italie et la Gauche prolétarienne en France. Dès 1969, le journal de la Gauche prolétarienne française, La Cause du peuple s'intéressait à l'action de Lotta continua, encore en émergence, et des comités de base en Italie, au moment de la grande grève[Où ?] d'avril 1969 après le meurtre de deux militants par la police dans l'Italie du Sud. Son numéro daté d'avril-mai 1969, y consacrait un article titré "L'essor du mouvement révolutionnaire en Italie". En 1972, André Glucksmann, un des dirigeants de la Gauche prolétarienne rencontre Fischer à Francfort-sur-le-Main, via leur ami proche commun, Daniel Cohn-Bendit. La même année, il passe un mois à Milan pour étudier le paysage politique.
Dès son origine, Revolutionärer Kampf publie un journal éponyme, puis à partir de janvier 1973 se transforme en maillon principal d'un nouveau journal interégional allemand Wir Wollen Alles (Nous voulons tout) qui s'inspire de son prédécesseur français Tout !, fondé lui à l'automne 1970, également par des maoïstes, mais français.
Lors de l'hiver 1970-1971, ce nom Wir Wollen Alles, est aussi utilisé en Allemagne à l'usine Opel de Rüsselsheim am Main, comme slogan d'un bulletin d'entreprise lancé par un groupe de militant de RK mené par Matthias Beltz et Joschka Fischer, qui se sont fait embaucher chez Opel, en fournissant de faux CV, dans une usine de 35 000 salariés. Six mois après l'embauche de Fischer chez Opel, une assemblée de 10 000 salariés est organisée à la mi-1971 par le syndicat de l'usine. Joschka Fischer et ses amis ont réussi à se glisser au micro pour appeler à la grève en dénonçant l'inaction du syndicat. Celui-ci coupe rapidement le son et les responsables syndicaux leur demandent de quitter le micro, mais la séquence tourne à une violente bagarre à coups de chaises et de tables, qui se retrouvent en morceaux, selon Barbara Köster. Le groupuscule maoïste est alors renvoyé de l'usine.
En janvier 1973, le premier numéro de Wir Wollen Alles annonce une grande manifestation nationale, contre la guerre du Viêt Nam. Ce nouveau journal sera publié jusqu'en juin 1975, sous la responsabilité de Joschka Fischer. Au cours des mois suivants, le groupe "Revolutionärer Kampf" n'a plus de journal. Seize mois plus tard, en octobre 1976, Daniel Cohn-Bendit présente le numéro zéro d'un autre journal, moins politique et plus culturel, cette fois à nouveau centré sur Francfort-sur-le-Main, dont il est personnellement propriétaire, le Pflasterstrand et en parlera comme le « magazine de référence du milieu anarchiste à Francfort ».
Entre-temps, il s'est tourné vers la violence après que le 29 septembre 1971 le maire Walter Möller (SPD) de Francfort-sur-le-Main ait décidé un moratoire sur les opérations de "réhabilitation urbaine" car 110 personnes parmi lesquelles Daniel Cohn-Bendit, Hans-Joachim Klein et Joschka Fischer se sont battus avec les policiers deux jours de suite pour tenter de les empêcher d'entrer dans une maison de briques de trois étages, au 113 de la rue Grüneburgwep lors d'un affrontement, devant les photographes qui a fait 20 blessés. Joschka Fischer devient le chef d'une structure clandestine qui divisait le mouvement, les garçons disparaissant le week-end sans dire où ils allaient, via un convoi de voitures qui ont recherché des parties isolées de la forêt du Taunis pour y pratiquer l'entrainement au combat avec bouclier, pierres et bâton, réunissant jusqu'à 40 hommes et provoquant des entorses et ecchymoses. A travers Fischer, "la lutte a été ritualisée et est devenue peu à peu une fin en soi", racontera un participant à ses biographes. Il appelle à l'ouverture massive de squats hébergeant des communautés et des crèches « antiautoritaires ».
En mars 1973, le moratoire sur les expulsions du Maire de Francfort-sur-le-Main expirant, le groupe armé de Joschka Fischer attaque au début avril 1973 la police qui se dirige vers une maison occupée au 51 de la rue Kettenhofweg avant même qu'elle ne s'approche du bâtiment, avec tuyaux en plomb et des outils tranchants, ou des billes de verre tirées avec des frondes pour percer les boucliers de la police, et un "niveau inconnu d'agressivité et de brutalité", selon le rapport de la police de Francfort-sur-le-Main. AU cours de cette "bataille à Kettenhofweg", 48 policier sont blessés. Le reportage de la télévision allemande et la série de photos parues dans la presse montrent Fischer attirer un policier dans un piège où il se fait tabasser à cinq contre un, avant d'être secouru par un autre policier se précipite pour aider son collègue, les agresseurs s'enfuient.
Puis lors d'un débat public tenu en 1974 avec les jeunes socialistes, Joschka Fischer avait défendu les jets de pierres contre les « représentants du système ». Le 10 mai 1976, après la mort d'Ulrike Meinhof dans sa prison pour terroristes, sur le campus de l'université de Francfort-sur-le-Main, une manifestation interdite devient confrontation avec la police, jugée inévitable par les leaders, une pluie de pierres et de cocktails Molotov. Un policier est gravement brûlé et le 14 mai la police perquisitionne 14 squats de Francfort: 14 personnes sont arrêtées, dont Joschka Fischer , ensuite relâché et 4 autres participants à l'attaque du consulat général de l'Espagne franquiste, sept mois plus tôt. Selon les témoins, « une majorité a voté pour que la police soit livrée à une bataille qu'ils n'oublieraient pas » lors d'une réunion le 10 mai 1976 présidée par Joschka Fischer dirigeait la discussion, selon le livre Wir sind die Wahnsinnigen de Christian Y. Schmidt, mais selon un deuxième témoin qui a assisté à la réunion, retrouvé par Der Spiegel, il n'aurait pas activement défendu l’utilisation de cocktails Molotov, même s'il n'a pas non plus contredit ceux qui le réclamaient.
Lors de l'automne allemand (Deutscher Herbst) en 1977, le dirigeant du patronat allemand Hanns Martin Schleyer est enlevé puis tué par la Fraction armée rouge (RAF) et un avion de la Lufthansa est détourné. Ces évènements poussent Joschka Fischer à abandonner les actions violentes et il aurait dit à ses amis, selon ses propres souvenirs, « laissez les bombes, camarades, et reprenez les pavés ! ». Il se tourne vers le mouvement alternatif, puis plus tard vers le parti des Verts. Dans une interview de 2001 donnée à Der Spiegel, il explique son revirement, qu'il associe à l'affaire Entebbe : "Pour moi, cependant, le différend d'Entebbe était bien plus crucial, le détournement d'un avion d'Air France en route de Tel Aviv à Paris en 1976, dans lequel des terroristes allemands avaient « sélectionné » les passagers entre juifs et non-juifs. Je me suis demandé, où tout cela va-t-il ? C'était tout simplement horrible ! Nous avons progressivement compris que ceux qui avaient commencé comme antifascistes en se détournant de la génération de leurs parents avaient fini par adopter les actions et le langage du national-socialisme."
Il devient alors chauffeur de taxi ou vendeur à l'occasion.
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- Ex-ministre des Affaires étrangèresEn coursJoschka Fischer1 janvier 2020 · Source
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Questions fréquentes
- Quelle est la fonction actuelle de Joschka Fischer ?
- Joschka Fischer est actuellement Ex-ministre des Affaires étrangères.
