En bref
- Naissance
- 09/03/1939
- Nationalité
- France
- Mandat en cours
- Personnalité politique française du XXe-XXIe siècle. · depuis 9 mars 1964
Biographie
## Carrière professionnelle
À sa sortie de l'IEP, il est élève officier à l'École militaire de Cherchell avant de devenir attaché, puis conseiller commercial au ministère de l'Économie et des Finances (1965-1973).
Jean-Pierre Chevènement est sous-préfet d'Oran (Algérie) par intérim lors du massacre du 5 juillet 1962 commis sur des pieds-noirs et des Algériens pro-français. Il cite le nombre de 807 victimes fourni par ses services, nombre qu’il estime devoir être légèrement minoré, des habitants ayant peut-être gagné le port ou l'aérodrome, et trouvé un départ. Il préfère pour sa part se résoudre à parler de centaines de victimes. Sous-lieutenant, Jean-Pierre Chevènement était alors chef de cabinet adjoint du préfet d'Oran depuis avril 1962, chargé des liaisons militaires « pour aider l'Algérie à accéder à son indépendance dans l'amitié avec la France » selon le Quotidien d'Oran. Le général Joseph Katz le jugeait trop curieux sur la question des disparus et Jean-Pierre Chevènement écrit avoir « bien failli disparaître dans la tourmente ». Dans une lettre publiée par L'Humanité, il dénonce la torture « utilisée par certains éléments de l'armée française ».
Après avoir été en poste à Oran, il travaille à l'ambassade de France à Alger, jusqu'en juillet 1963. Il est membre de l'association France-Algérie, qui entend œuvrer à l'amitié entre les deux peuples.
## Parcours politique
Ascension Les journalistes Joseph Confavreux et Marine Turchi écrivent à son sujet : « Jeune énarque, il fréquente […] le club Patrie et Progrès, un groupuscule de gaullistes de gauche, dirigé par l’énarque Philippe Rossillon, qui milite pour le maintien de l’Algérie française. Il s’y lie notamment à d’autres énarques tels Alain Gomez et Didier Motchane, avec lesquels il fondera ensuite le CERES ».
Membre de la SFIO à partir de 1964, il se montre partisan d'une rénovation du socialisme. Dans cet esprit, lors du congrès d'Épinay de 1971 qui fonde le PS, il apporte son soutien à François Mitterrand, qui prend la tête du nouveau parti. Dirigeant le Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES), qui constitue l'aile gauche du PS, il est chargé par Mitterrand d'élaborer le programme du PS et favorise le rapprochement avec le PCF, concrétisé par la signature du Programme commun de gouvernement en 1972. Cependant, son discours, jugé trop radical, ainsi que l'arrivée au sein du PS de Michel Rocard, auquel il s'oppose, entraînent sa mise à l'écart.
Il se forge par ailleurs une assise d'élu local en devenant député du Territoire de Belfort en 1973 (réélu en 1978 et 1981), conseiller régional de Franche-Comté (1974-1988), premier adjoint au maire de Belfort et président du conseil de district de l'agglomération belfortaine (1977-1983). À partir de mars 1983, il est constamment élu maire de Belfort ; il devient cependant premier adjoint de sa ville en 1997, lorsque Lionel Jospin demande à ses ministres de choisir entre leurs fonctions gouvernementale et locale. En tant que maire, il développe le tissu universitaire (notamment grâce à ses actions comme ministre de l'Éducation nationale), contribue à la fondation de la communauté d'agglomération belfortaine (grâce à la loi qu'il fait voter en tant que ministre de l'Intérieur), à la rénovation et à la colorisation du centre-ville, ainsi qu'à la promotion du projet de LGV Rhin-Rhône.
En 1979, avec le CERES, il soutient François Mitterrand au congrès de Metz, contre Michel Rocard et Pierre Mauroy. François Mitterrand l'emportant, il a la charge de rédiger le programme socialiste en vue de la présidentielle de 1981. La même année, il est élu président du conseil régional de Franche-Comté.
Ministre sous la présidence Mitterrand Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, en 1989.
Le 22 mai 1981, il est nommé ministre d'État, ministre de la Recherche et de la Technologie, avec Claude Nicolet comme conseiller officieux. Au conseil des ministres du 2 février 1983, Chevènement fut désavoué par le président Mitterrand qui rappela « fermement à l'ensemble des ministres que l'exigence d'une politique industrielle cohérente doit se garder d'une bureaucratie tatillonne, tendance ancienne qui a conduit les gouvernements précédents à pratiquer un dirigisme incompatible avec le développement de notre économie » et qui demanda au gouvernement « de veiller à la pleine autonomie de gestion des entreprises publiques et d'encourager à exercer pleinement leurs responsabilités économiques et sociales ». C'est à l'issue de ce conseil des ministres que Chevènement lança sa célèbre phrase : « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l'ouvrir, ça démissionne ». Dans le troisième gouvernement Mauroy formé le 22 mars 1983, Jean-Pierre Chevènement avait été remplacé par Laurent Fabius.
Le 19 juillet 1984, il est nommé ministre de l'Éducation nationale, exerçant cette fonction jusqu'en mars 1986. Il rétablit à cette occasion l'enseignement de l'éducation civique dans le primaire, abandonné depuis 1969. Dans les programmes des collèges il donne une place prépondérante à la maîtrise de l’image comme moyen d’expression et de communication, au même titre que l’écrit et l’oral en officialisant clairement comme enjeu de société l’analyse et l’interprétation critique des images, de même que la réalisation d’un montage audiovisuel ou d’un film par les collégiens. Ce choix déterminant vient en prolongement des travaux réalisés de 1979 à 1982 par le programme interministériel Jeune Téléspectateur Actif (JTA), et ceux initiés dès 1971 par Michel Bourdais pour les projets fondés sur la fabrication d’images dans le cadre large de l’éducation à l’image, pour la première fois durant le temps scolaire .
Il marque les esprits en annonçant en 1985 vouloir mener 80 % d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat. Il est de nouveau élu député du Territoire de Belfort en 1986 et 1988.
Ministre de la Défense des gouvernements Rocard I et II, il démissionne le 29 janvier 1991 pour protester contre l'engagement de l'armée française dans la guerre en Irak. Il précise au sujet de cette guerre « qu'il n'y avait pas de gloire à frapper un petit peuple qu'on a déjà ramené cinquante ans en arrière ».
Il retrouve son siège à l'Assemblée nationale lors d'une élection partielle en 1991, et est réélu en 1993 et 1997. En 1992, il fait campagne contre la ratification du traité de Maastricht, puis, critiquant la « dérive gestionnaire » des socialistes, il quitte le PS en 1993, et transforme le Mouvement des citoyens (MDC), fondé en 1992, en parti politique, dont il prend la présidence.
Ministre de l'Intérieur du gouvernement Jospin Le 4 juin 1997, il est nommé ministre de l'Intérieur du gouvernement Jospin. La circulaire du 24 juin 1997, passée un an après l'expulsion de l'église Saint-Bernard, décidée par son prédécesseur, Jean-Louis Debré, aboutit à la régularisation de 100 000 sans-papiers sur 140 000 demandes, dont une majorité d'origine africaine (71 %).
Dans un contexte de mobilisation du mouvement de l'immigration et d'une partie de la gauche (Verts, PCF), ces derniers critiquent des critères trop stricts de régularisation. À l'inverse, la droite dénonce des régularisations « massives ». Le 28 novembre 1997, Chevènement déclare au Sénat, en réponse à une question de Jean-Pierre Camoin (RPR) : « Notre volonté est justement de mettre un terme aux situations inextricables et insupportables de personnes qui sont à la fois irrégularisables et inexpulsables. C'est, très largement, le produit d'une législation mal adaptée ».
Deux lois portent son nom : la loi Reseda du 11 mai 1998, sur le droit des étrangers, et la loi sur l'intercommunalité du 12 juillet 1999. Cette dernière loi sera « un facteur significatif d'augmentation des taux d'impôts locaux en France ». Lors des débats sur la loi Reseda, qui visent à assouplir les lois Pasqua-Debré, Chevènement s'oppose à Charles Pasqua qui déclare, en janvier 1998, à propos de la carte de séjour pour les étrangers malades, [http://www.senat.fr/seances/s199801/s19980121/s19980121_mono.html Séance du 21 janvier] et du [http://www.senat.fr/seances/s199801/s19980122/s19980122_mono.html 22 janvier 1998] à l'Assemblée nationale, citées par le [[Groupe d'information et de soutien des immigrés|Gisti]] dans son [http://www.gisti.org/spip.php?article18 dossier] consacré à la loi Chevènement.</ref>."}},"i":0}}]}' id="mwAXU">« la France n’a ni vocation ni intérêt à devenir l’hôpital du monde. » Le Gisti note qu'un an plus tard, Pasqua réclame la régularisation de tous les sans-papiers.
Le 2 septembre 1998, il est opéré de calculs à la vésicule biliaire à l'hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce. Il est alors victime d'un grave accident d'anesthésie dû à une allergie au produit « curarisant » utilisé. Il est plongé dans le coma pendant huit jours, ne sort de l'hôpital que le 22 octobre, et est tenu éloigné de son ministère pendant quatre mois. Il se surnomme alors lui-même le « miraculé de la République ». L'intérim au ministère de l'Intérieur est assuré par Jean-Jack Queyranne.
Il est l'un des défenseurs d'une « politique sécuritaire de gauche », s'opposant notamment à la garde des Sceaux, Élisabeth Guigou, sur la question de la mise en détention des jeunes délinquants, et mettant en place la police de proximité. Manifestant une position « républicaine et souverainiste », il exprime aussi ses divergences de vue avec les autres membres du gouvernement à l’occasion du conflit au Kosovo, de la signature de la Charte européenne des langues régionales et au sujet de la Corse. S'exprimant en 2008 au sujet de la reconnaissance du Kosovo, il affirme que « c'est une triple faute » : il y voit une faute contre l'histoire, le pays n'ayant jamais été indépendant, une faute contre le droit, la guerre déclenchée en 1999 par l'Otan ayant ignoré les principes du droit international, et une faute contre l'« Europe unie ». Il déclare aussi que les Serbes ne devaient pas payer les fautes de Slobodan Milošević et que désarmer l'armée de libération du Kosovo est une obligation.
En désaccord avec le plan de Lionel Jospin sur l'avenir de la Corse, Jean-Pierre Chevènement démissionne le 29 août 2000, protestant contre ce qu'il appelle les « accords de Matignon » (en référence aux accords de 1988 entre indépendantistes kanaks et loyalistes), qui reconnaissent les mouvements nationalistes corses sans attendre que ceux-ci aient préalablement renoncé à l'utilisation de la violence.
Élection présidentielle de 2002 Il retrouve son mandat de député du Territoire de Belfort en 2000, à l'issue d'une élection législative partielle provoquée par la démission de Gilberte Marin-Moskovitz.
Candidat à l'élection présidentielle de 2002, il se veut « ni de droite, ni de gauche » — notamment par son slogan « au-dessus de la droite et de la gauche, il y a la République » — et reçoit le soutien de partisans de la droite (royalistes, anciens partisans de Jean-Marie Le Pen ou souverainistes), de socialistes, ainsi que de proches de l'extrême gauche. Il est soutenu par des résistants comme Lucie et Raymond Aubrac, Robert Chambeiron ou Pierre Marie Gallois et par des intellectuels comme Jean-François Kahn, Régis Debray ou Max Gallo, son directeur de campagne, mais aussi par les jeunes Emmanuel Macron et Florian Philippot. Il se réfère aux valeurs de la République, notamment à la laïcité, et se montre critique envers l'intégration européenne et l'alliance avec les États-Unis. Un temps présenté comme le troisième homme dans les sondages, il recueille 5,33 % des suffrages exprimés, se plaçant en sixième position sur les 16 candidats présents à ce premier tour. Sa candidature est présentée comme un élément explicatif de l'échec dès le premier tour du candidat du PS, Lionel Jospin, étant accusé d'avoir dispersé les voix des électeurs de gauche.
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Questions fréquentes
- Quel est l'âge de Jean-Pierre Chevènement ?
- Jean-Pierre Chevènement est né(e) le 9 mars 1939, ce qui lui fait 87 ans.
- Quelle est la fonction actuelle de Jean-Pierre Chevènement ?
- Jean-Pierre Chevènement est actuellement Personnalité politique française du XXe-XXIe siècle..
