En bref
- Naissance
- 23/08/1896
- Décès
- 24/04/1978
- Nationalité
- France
- Dernier mandat
- Ministre (France) · 1 janvier 1980
Biographie
## Jeunesse et études
Jacques Rueff est le fils d’Adolphe Rueff, un médecin né en 1854 à La Chaux de Fonds en Suisse et mort en 1912 à Paris, et de Caroline Levy. Il fait ses études secondaires au lycée Charlemagne et au lycée Saint-Louis, où il est excellent élève. Il obtient le baccalauréat avec la mention Bien.
La Première Guerre mondiale vient toutefois interrompre ses études. Rueff est intégré dans l'armée comme aspirant sous-lieutenant, puis comme lieutenant d'artillerie. En 1917, il est choisi pour sa maîtrise de l'anglais pour devenir un homme de liaison avec la première division de l'armée américaine posant le pied en France. Rueff devient le collaborateur du colonel Alexander Patch.
Rueff est libéré de ses obligations militaires à la fin de la guerre. Il cherche à intégrer l'École polytechnique, mais la première promotion ouverte aux anciens combattants (la « 1919-spéciale ») n'est pas encore accessible. Rueff se dirige vers la faculté de médecine de l'université de Paris, où il obtient un certificat d’études en physique, chimie et sciences naturelles. Admis au centre de préparation du concours de l'X basé à Nancy, il est admis à Polytechnique (Promotion X1919S, réservée aux anciens combattants). Il y est l'élève de Clément Colson, qui a une profonde influence sur lui, ainsi que de Paul Painlevé.
En 1921, durant sa dernière année à l'X, Rueff commence à s'intéresser à l'économie à travers les écrits de Léon Walras et décide de mener des études dans cette discipline.
Il poursuit ses études à l'École libre des sciences politiques.
Il épouse Christiane Vignat, filleule du Maréchal Pétain.
## Parcours professionnel
Pendant les années 1920, il est inspecteur des finances, chargé de mission auprès de Raymond Poincaré, président du Conseil et ministre des Finances en 1926, pour lequel il prépare la dévaluation du franc de 1928.
Il est ensuite attaché financier à l'ambassade française de Londres. Il peut alors observer le krach de 1929 qui a notamment pour conséquence que la livre sterling, qui jouait encore, avec le dollar, le rôle de monnaie de réserve et d'échanges internationaux, cesse, dès septembre 1931, d'être convertible en or suivie deux ans plus tard par le dollar. Ces deux « décrochages » contribuent à l'approfondissement de la crise qui secoue le commerce international. Ces événements influencent l'analyse de Rueff sur les faiblesses du nouveau système monétaire international issu des accords de Bretton Woods (1944).
Dans les années 1930, il fait partie des économistes qui s'inquiètent des problèmes récurrents de la France dans le domaine de l'économie. C'est en partie cela qui l'amène à être membre du groupe X-Crise et à participer au colloque Walter Lippmann.
Parallèlement, sa carrière administrative est alors à son apogée, il est directeur du mouvement général des Fonds (poste qui de nos jours correspond à directeur du Trésor) durant le Front populaire et le 8 septembre 1939 il est nommé second sous-gouverneur de la Banque de France. Il est contraint, par la loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs, de présenter sa démission le 22 janvier 1941. Un décret de Pétain l’autorise néanmoins à rester dans les cadres de l’Inspection des finances.
Après la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle il avait écrit L'Ordre social, il préside, à partir de 1945, la conférence des réparations à Paris. Il rejoint en 1948 la Société du Mont Pèlerin peu après sa première réunion en avril 1947. Du 12 juillet 1949 au 1er août 1950, il est le ministre d'État de Monaco. Dans les années 1950, il occupe plusieurs postes dans les instances européennes, à la Cour de justice de la Communauté européenne du charbon et de l'acier et à la Cour de justice européenne.
Il enseigne l'économie à l'Institut d'études politiques de Paris, où il succède à Clément Colson.
Après le retour de Charles de Gaulle au pouvoir en 1958, il préside un Comité d'experts chargé d'étudier la façon d'assainir les finances publiques. Il s'agit d'assurer à la Cinquième République de bonnes bases économiques et financières. Cela conduit au « plan Rueff » parfois appelé « plan Pinay-Rueff » mis en œuvre par le ministre des Finances Antoine Pinay, de Gaulle étant président du Conseil. Le franc redevient convertible après une dévaluation de 17 %, le contrôle des changes s’assouplit.
Tombe de Jacques Rueff au cimetière du Père-Lachaise (division 10). Préfigurant le marché commun européen, alors en formation, Rueff recommande l'ouverture à la concurrence dans un second rapport qu'il rédige en collaboration avec Louis Armand, à la tête du comité Rueff-Armand. À sa publication en 1960, les journalistes dénomment « plan Rueff-Armand » ce document, qui a pour titre Rapport du Comité pour la suppression des obstacles à l'expansion économique.
Il est membre du Conseil économique et social de 1962 à 1974.
Controverses & affaires(4)
Toutes les controverses publiées disposent d'une source vérifiable. Les éléments non sourcés ne sont jamais publiés.
- Controverse — Critique du système de Bretton Woods (1/4)
Analyste critique des accords de Bretton Woods, il montre très tôt les dysfonctionnements du nouveau système monétaire international et prône sa réforme. En 1944, les États-Unis, forts des créances accumulées durant la guerre et détenant des réserves d'or considérables, avaient imposé le dollar comme monnaie de réserve et de règlement pour les échanges internationaux. Néanmoins, dès la fin des années 1950, les anciennes puissances industrielles que sont l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon et la France redeviennent exportatrices. Inversement, les États-Unis deviennent importateurs et leur balance de paiement structurellement déficitaire.
Rapporté (au conditionnel) - Controverse — Critique du système de Bretton Woods (2/4)
Les événements donneront rapidement raison à Rueff. Dès la fin des années 1960, les demandes de remboursements des dollars excédentaires en or commencent (en particulier de la part de l'Allemagne de l'Ouest). Les États-Unis, qui ne veulent pas voir disparaître leur encaisse-or, suspendent unilatéralement la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971. Le système des taux de change fixes s'écroule définitivement en mars 1973, avec l'adoption du régime de changes flottants qui ne résout aucunement la « double pyramide de crédits » et poursuit l'hégémonie du dollar.
Rapporté (au conditionnel) - Controverse — Critique du système de Bretton Woods (3/4)
C'est alors qu'il élabore la description du mécanisme de la « double pyramide de crédits » qu'il développera dans Le lancinant problème de la balance des paiements (1965) : les États-Unis, en important des produits, paient en créditant aux banques du pays exportateur une somme en dollar. Ces banques, qui inscrivent cette somme dans leur bilan, vont créer de la monnaie avec un effet multiplicateur en octroyant des prêts à des particuliers et des entreprises. Comme cette somme ne peut produire que des intérêts aux États-Unis, ils la placent auprès de banques américaines qui créent de nouveau des prêts (et donc de la masse monétaire) localement avec un nouvel effet multiplicateur.
Rapporté (au conditionnel) - Controverse — Critique du système de Bretton Woods (4/4)
Ce mécanisme, confirmé par Allais quelques années plus tard, pérennise le déficit de la balance des paiements américaine. Rueff le nomme « le secret du déficit sans pleurs ». L'inconvénient majeur selon l'économiste français est que ce système doit créer des crises et des désordres dans le commerce international, et la surabondance de dettes (ou de monnaie) détourne paradoxalement l'argent disponible de l'économie réelle pour se placer de manière spéculative.
Rapporté (au conditionnel)
Carrière politique
Ce qu'on dit de Jacques Rueff
Citations, vidéos et interviews où d'autres personnalités politiques ou médias mentionnent cette personne.
Médias & multimédia
Toutes les apparitions et interventions de Jacques Rueff dans les médias : articles, interviews vidéo, podcasts, émissions TV. Sources autorisées uniquement (Le Monde, Mediapart, France TV, INA, etc.). Polidex n'héberge jamais le contenu, uniquement les liens.
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Votes parlementaires
Anecdotes
Controverse — Critique du système de Bretton Woods (1/4)
Analyste critique des accords de Bretton Woods, il montre très tôt les dysfonctionnements du nouveau système monétaire international et prône sa réforme. En 1944, les États-Unis, forts des créances accumulées durant la guerre et détenant des réserves d'or considérables, avaient imposé le dollar comme monnaie de réserve et de règlement pour les échanges internationaux. Néanmoins, dès la fin des années 1950, les anciennes puissances industrielles que sont l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon et la France redeviennent exportatrices. Inversement, les États-Unis deviennent importateurs et leur balance de paiement structurellement déficitaire.
Rapporté (au conditionnel)Controverse — Critique du système de Bretton Woods (2/4)
Les événements donneront rapidement raison à Rueff. Dès la fin des années 1960, les demandes de remboursements des dollars excédentaires en or commencent (en particulier de la part de l'Allemagne de l'Ouest). Les États-Unis, qui ne veulent pas voir disparaître leur encaisse-or, suspendent unilatéralement la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971. Le système des taux de change fixes s'écroule définitivement en mars 1973, avec l'adoption du régime de changes flottants qui ne résout aucunement la « double pyramide de crédits » et poursuit l'hégémonie du dollar.
Rapporté (au conditionnel)Controverse — Critique du système de Bretton Woods (3/4)
C'est alors qu'il élabore la description du mécanisme de la « double pyramide de crédits » qu'il développera dans Le lancinant problème de la balance des paiements (1965) : les États-Unis, en important des produits, paient en créditant aux banques du pays exportateur une somme en dollar. Ces banques, qui inscrivent cette somme dans leur bilan, vont créer de la monnaie avec un effet multiplicateur en octroyant des prêts à des particuliers et des entreprises. Comme cette somme ne peut produire que des intérêts aux États-Unis, ils la placent auprès de banques américaines qui créent de nouveau des prêts (et donc de la masse monétaire) localement avec un nouvel effet multiplicateur.
Rapporté (au conditionnel)Controverse — Critique du système de Bretton Woods (4/4)
Ce mécanisme, confirmé par Allais quelques années plus tard, pérennise le déficit de la balance des paiements américaine. Rueff le nomme « le secret du déficit sans pleurs ». L'inconvénient majeur selon l'économiste français est que ce système doit créer des crises et des désordres dans le commerce international, et la surabondance de dettes (ou de monnaie) détourne paradoxalement l'argent disponible de l'économie réelle pour se placer de manière spéculative.
Rapporté (au conditionnel)
Questions fréquentes
- Quel est l'âge de Jacques Rueff ?
- Jacques Rueff est décédé(e) le 24 avril 1978, à l'âge de 81 ans.
