En bref
- Naissance
- 31/03/1937
- Décès
- 04/01/2025
- Nationalité
- France
- Dernier mandat
- Ministre (France) · 1 janvier 1980
Biographie
## Jeunesse
La famille Allègre est originaire du village de Prades-le-Lez dans l'Hérault. Claude Allègre, aîné de quatre enfants, est le fils d'une institutrice puis directrice d'école, Lucette Hugonencq (1913-2009), et d'un professeur de sciences naturelles, Roger Allègre.
Lors de ses études, il partage sa chambre dans la résidence universitaire Jean-Zay d'Antony avec Lionel Jospin, dont il restera l'ami fidèle, tout en exprimant sa sympathie pour Nicolas Sarkozy quatre décennies plus tard.
## Carrière scientifique
Débuts Après l'obtention de la licence en 1960, Claude Allègre prépare le diplôme d'études supérieures sous la direction de Louis Barrabé, professeur titulaire de la chaire de géologie structurale et géologie appliquée de la faculté des sciences de Paris, qui meurt subitement en février 1961. Nommé assistant de chimie à la faculté des sciences de Reims (puis de Paris), c'est sous la direction du successeur de Louis Barrabé, Pierre Routhier, qu'il prépare, au sein du laboratoire de géologie appliquée de la faculté des sciences de Paris, sa thèse pour le doctorat ès sciences physiques qu'il soutient en 1967.
Il fonde alors, dans les locaux d’une usine de Saint-Maur-des-Fossés, un groupe d’études de géologie isotopique, baptisé « groupe Louis Barrabé », qui est, un an plus tard, rattaché à l'institut de physique du globe de Paris (IPGP) sous le nom de Laboratoire de géochimie et cosmochimie, avant d'emménager dans le nouveau campus de Jussieu. Il est nommé professeur titulaire à l'université Paris VII en 1970 et devient directeur de l'IPGP en 1976, poste qu'il occupera jusqu'en 1986.
Polémique de la Soufrière En 1976, lors du réveil du volcan de la Soufrière en Guadeloupe, il préconise le maintien de l'évacuation d'urgence de la population décidée par le préfet par crainte d'une éruption avec nuées ardentes. Cette affaire provoque une controverse avec le volcanologue Haroun Tazieff, qui avait diagnostiqué une éruption phréatique.
Une violente polémique oppose alors Haroun Tazieff à Michel Feuillard, directeur de l'observatoire volcanologique de la Guadeloupe, et à Claude Allègre (supérieur hiérarchique de ce dernier à l'IPGP), sans expérience volcanologique propre. Feuillard et Allègre se fondent sur des analyses de diffraction de rayons X, et montrent la présence de verre au sein des éjectas recueillis après les explosions sommitales. Ce verre est alors interprété comme un indice alarmant de la présence de magma juvénile. Ils conseillent l'évacuation des 70 000 habitants proches, tandis que Tazieff, de retour d'un déplacement en Équateur, et se fondant sur son expérience de terrain après une visite sur le site, affirme qu'il ne s'agit que d'une simple éruption phréatique, par rupture d'aquifères surchauffées ; selon lui, aucun magma « frais » n'est monté au sein du volcan, et il pense que cette fois, la crise va se calmer, sans aucun risque de nuées ardentes. Des mots peu aimables sont échangés, mais dans le doute, et sur les conseils du professeur Brousse, les pouvoirs publics préfèrent évacuer les habitants.
Finalement, quelques années plus tard, des analyses plus poussées montreront la présence effectivement de verre, mais non magmatique, produit par l'altération hydrothermale sous pression des roches magmatiques en place, ce qui était en 1976 une phase encore inconnue ; l'interprétation en tant qu'indice d'une présence de magma juvénile à faible profondeur était donc erronée.
De fait, la Soufrière de Guadeloupe « n'explose pas », « confirmant » l'expertise de Tazieff. Les dégâts sur l'île provoqués par cette affaire sont les importantes conséquences économiques de l'évacuation, à savoir la paupérisation totale du secteur autour de Basse-Terre, avec le déplacement de la préfecture sur Pointe-à-Pitre. À la suite de cette polémique, Haroun Tazieff est tout de même suspendu de son poste de responsable du service volcanologique de l'institut de physique du globe de Paris, sur proposition de Claude Allègre, décision condamnée par le tribunal administratif en 1981.
Travaux de recherche Chronomètres isotopiques Les travaux de l'équipe de chercheurs dirigée par Claude Allègre portent essentiellement sur des questions de géochimie à partir de l'étude des éléments trace et des isotopes. Les travaux pionniers de l'équipe d'Allègre, parallèlement à ceux de l'équipe américaine de G. J. Wasserburg, permettent de développer un certain nombre de techniques de datation isotopique, et notamment les méthodes de datation par le système samarium-néodyme et le système plomb-uranium. En compagnie de Jean Louis Birck ils mettent également au point la méthode rubidium-strontium. Ces contributions facilitent la compréhension de la constitution de la croûte et du manteau terrestres et l'interaction entre ces deux couches de la Terre. C'est un apport majeur dans la compréhension des mouvements de convection mantellique, moteurs de la tectonique des plaques.
Allègre et son équipe conçoivent également des modèles sophistiqués d'un certain nombre de processus géologiques, comme le volcanisme, l'évolution de l'atmosphère terrestre et la formation des nébuleuses protoplanétaires.
Anomalie DUPAL Article détaillé : Anomalie DUPAL. Les travaux de Bernard Dupré et Claude Allègre au début des années 1980 leur permettent de mettre en évidence une anomalie géochimique dans des basaltes océaniques de l'Atlantique Sud. L'anomalie porte sur le rapport des isotopes du strontium 87Sr/86Sr et indique une contamination par la lithosphère subductée du magma remontant depuis l'asthénosphère. Cette anomalie sera ensuite identifiée également dans des roches magmatiques continentales en Amérique du Sud, Afrique australe et Asie par différentes équipes de chercheurs dans le monde. L'anomalie est dorénavant nommée DUPAL, d'après les noms des deux chercheurs français.
Reconnaissance scientifique et institutionnelle Ses recherches sur la datation isotopique lui permettent d'obtenir en 1986, en compagnie de Wasserburg, le prix Crafoord, plus prestigieuse récompense pour la géologie.
{{lien web|url=https://philippecrevel.fr/au-sujet-du-livre-dallegre|titre=Au sujet du livre d’Allègre|prénom1=Philippe|nom1=Crevel|date=25 février 2007|consulté le=17 février 2025}}.</ref>."}},"i":0}}]}' id="mw1Q">En 1984-1985, il est délégué national à la recherche.[source insuffisante]
Il reçoit la médaille Wollaston en 1987 et la médaille d'or du CNRS, plus haute distinction scientifique française, en 1994.
Il est membre de l'Académie nationale des sciences américaine (depuis 1985), de l'Académie des sciences française (depuis 1995) et de l'Institut universitaire de France, qu'il a créé pendant son mandat de ministre.
## Parcours politique
Claude Allègre adhère au Parti socialiste en 1973. Il anime le « groupe des experts » du PS dans les années 1980 et il est membre du comité directeur du parti en 1987 et du bureau exécutif en 1990.
Conseiller spécial auprès de Lionel Jospin au ministère de l'Éducation nationale de 1988 à 1992, il est notamment l'initiateur du plan « Université 2000 ». Il propose une réforme profonde du système des classes préparatoires.
Élu député européen lors des élections européennes de 1989, il n'exerce ce mandat que quelques semaines et démissionne dès le mois de novembre 1989.
Lors des élections régionales de 1992, il est tête de liste socialiste en Languedoc-Roussillon, espérant devenir président de ce conseil régional. Il est élu conseiller régional mais sa liste est battue par celle de Jacques Blanc, qui devient le président.
Ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Claude Allègre est nommé, le 2 juin 1997, ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie dans le gouvernement Jospin.
Il entend réformer l'enseignement supérieur. Le 25 mai 1998, les quatre ministres chargés de l'enseignement supérieur d'Allemagne, de France, de Grande-Bretagne et d'Italie se retrouvent lors d'un colloque à la Sorbonne, à l'occasion de la célébration du 800e anniversaire de l'université de Paris, pour initier un appel à la construction d'un espace européen de l'enseignement supérieur. Lancé à l'initiative du ministre français de l'Éducation nationale, le processus a pour objectif de favoriser les échanges universitaires (étudiants, enseignants et chercheurs) et de faire converger les systèmes universitaires vers des niveaux de référence communs. L'initiative est progressivement reprise et développée par la plupart des gouvernements et des universités européens.
Toutefois, sa gestion et ses annonces à la télévision et à la radio suscitent une opposition croissante des syndicats enseignants (comme le SNES dont Monique Vuaillat est la secrétaire générale). C'est dans ce contexte que le 24 juin 1997, il prononce la phrase devenue célèbre « Il faut dégraisser le mammouth », qui devient l'emblème du conflit avec les enseignants. Selon L'Humanité, les chiffres qu'il annonce en septembre 1997 sur le taux d'absentéisme des enseignants (12 %) sont nettement supérieurs à la réalité (entre 5 et 8 %). En plus de leurs revendications, les syndicats dénoncent de manière récurrente les paroles prononcées et le choix des termes. Il déclare par exemple : {{lien brisé|périodique=Le Point|url=http://www.lepoint.fr/archives/article.php/448945|titre= Faut-il brûler Claude Allègre ?|date=29 avril 2010}}.</ref>"}},"i":0}}]}' id="mwAVM">« les enseignants ont quatre mois de vacances et, en plus, ils prennent leurs congés formation sur la scolarité ». De plus, un certain nombre de ses décisions passent pour autoritaires. Cela ne l'empêche pas de réformer la gestion du personnel enseignant et de réduire la rémunération des heures supplémentaires des professeurs.
En 1999, il commence la mise en place de la réforme LMD, en conformité avec le processus de Bologne décidé par l'Union européenne. La même année, la loi sur l'innovation et la recherche, dite « loi Allègre », permet dorénavant aux universitaires et aux chercheurs de créer une entreprise de type startup et de déposer des brevets.
À l'encontre de l'idée que l'école doit préparer à tout et offrir une culture générale commune à tous, il défend la nécessité d'un rapprochement entre l'école et les entreprises en « décloisonnant les systèmes ». À cet effet, il rencontre des chefs d'entreprise. Ces réformes suscitent, dès octobre 1998, des protestations et des manifestations lycéennes qui dureront quelques mois.
Il se retrouve par ailleurs isolé, avec Pierre-Gilles de Gennes, en opposition à la majorité des physiciens français, lorsqu'il renonce à mettre en œuvre en France un projet de synchrotron de nouvelle génération. Il préfère une participation au Diamond Light Source (le synchrotron britannique) pour des raisons budgétaires. Roger-Gérard Schwartzenberg, son successeur au ministère de la Recherche, reviendra sur ce choix et lancera la construction du synchrotron Soleil.
Le conflit avec les enseignants conduit à des manifestations en mars 2000 qui contraignent finalement Lionel Jospin à demander à Claude Allègre le 25 mars 2000 de remettre sa démission. Ce départ forcé intervient une semaine après la perte par le Parti socialiste de la deuxième circonscription de la Sarthe à l'issue d'une élection législative partielle provoquée par la démission du député socialiste Raymond Douyère, deuxième circonscription pourtant réputée imperdable par le Parti socialiste à l'époque. Jack Lang lui succède au ministère.
Polémiques En plus de sa phrase « il faut dégraisser le mammouth » devenue l'emblème du conflit avec les enseignants en 1997, Claude Allègre provoque par ses propos un certain nombre de discussions lors de son passage au ministère de l'Éducation nationale. Des déclarations de 1999 lorsqu'il était ministre de l'Éducation (« Les maths sont en train de se dévaluer de manière quasi inéluctable.
Controverses & affaires
Carrière politique
Ce qu'on dit de Claude Allègre
Citations, vidéos et interviews où d'autres personnalités politiques ou médias mentionnent cette personne.
Médias & multimédia
Toutes les apparitions et interventions de Claude Allègre dans les médias : articles, interviews vidéo, podcasts, émissions TV. Sources autorisées uniquement (Le Monde, Mediapart, France TV, INA, etc.). Polidex n'héberge jamais le contenu, uniquement les liens.
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Votes parlementaires
Questions fréquentes
- Quel est l'âge de Claude Allègre ?
- Claude Allègre est décédé(e) le 4 janvier 2025, à l'âge de 87 ans.
