En bref
- Naissance
- 02/02/1952
- Nationalité
- France
- Mandat en cours
- Personnalité politique française du XXe-XXIe siècle. · depuis 2 février 1977
Biographie
## Parcours politique
Militante indépendantiste et création de Walwari Elle commence sa carrière politique en 1978 comme militante indépendantiste, notamment au sein du Mouvement guyanais de décolonisation (MOGUYDE), que son mari Roland Delannon (d) a fondé en 1974. Elle dirige la revue indépendantiste Mawina. Selon Robert Chaudenson, « ces mouvements anticolonialistes, impliqués dans nombre d'attentats, étaient très violents. » Roland Delannon (d), avec l'aide de l'Union des travailleurs guyanais (UTG), prépare un attentat contre les installations pétrolières de Guyane qui échoue (le complot de Noël). Il est alors arrêté le 13 décembre 1974 avec 12 autres personnes. L'arrestation des 13 personnes impliquées dans l'opération déclenche une grève générale de la part de l'UTG. Selon Taubira, Roland Delannon est ensuite emprisonné pendant dix-huit mois, ce qui est démenti par l'intéressé. Taubira affirme qu'elle a alors été obligée de vivre dans la clandestinité. Selon le magazine Valeurs actuelles, elle aide les clandestins et les militants guyanais détenus à la prison de la Santé.
Après l'arrivée de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981, elle cesse le militantisme indépendantiste, constatant qu'il n'est plus soutenu par les Guyanais et fonde son activité professionnelle : elle devait signer un contrat de professeur-chercheur à l'université du Québec à Montréal lorsqu'elle est sollicitée pour s'investir en politique.
En 1992, elle cofonde avec son mari le parti Walwari et en prend la présidence.
Premiers mandats de députée de la Guyane (1993-2002) Portrait officiel de Christiane Taubira en tant que députée européenne (1994). En 1993, elle est élue députée sans étiquette dans la première circonscription de la Guyane. Elle intègre un petit groupe parlementaire, République et liberté, et vote l'investiture du gouvernement Balladur (de droite). Elle affirmera ensuite à ce propos que « rien dans ce discours [de politique générale du Premier ministre] ne constituait un élément rédhibitoire à [s]on vote, dont le principe avait été décidé lors d’une assemblée générale de Walwari » et qui serait un moyen de « participer au climat d'apaisement » qu'elle dit désirer. Interrogée sur ce vote lors de sa campagne présidentielle de 2022, elle évoque « une erreur politique ».
Elle est quatrième de la liste Énergie radicale, menée par Bernard Tapie, aux élections européennes de 1994. Elle est ainsi députée européenne jusqu’à la fin de la législature, en 1999, en parallèle de son mandat de députée à l’Assemblée nationale.
En avril 1994, elle est observatrice parlementaire aux premières élections multiraciales en Afrique du Sud.
Après sa réélection à l’Assemblée nationale en juin 1997, elle rallie le groupe socialiste, et se voit confier par Lionel Jospin un rapport sur la recherche de l'or en Guyane. En 1998, elle se sépare de son mari après que celui-ci s'est présenté contre Walwari aux élections régionales de 1998 sans l'en avertir, se disant fatigué de l'hégémonie politique de son épouse. En 2014, elle exprime des remords dans la presse sur ce passage de sa vie.
Apparentée Parti socialiste (PS), elle rejoint ensuite le groupe radical, citoyen et vert (PRG-MDC-Verts-PCR) au 22 novembre 2001.
Christiane Taubira donne son nom à la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité (no 2001-434), votée le 10 mai 2001, qui reconnaît comme crimes contre l'humanité, la traite négrière transatlantique et l'esclavage qui en a résulté, jusqu'à son abolition. La loi prévoit également l'insertion de ces faits historiques dans les programmes scolaires et le développement des recherches scientifiques s'y rapportant. Une des conséquences de cette loi est la création d'une « journée annuelle de la mémoire de l'esclavage », qui se tient les 10 mai.
La loi est critiquée, car elle est considérée par certains comme loi mémorielle se limitant à la traite européenne et occultant les traites africaines et arabo-musulmanes. D'autre part, elle ferait preuve d'anachronisme en omettant l'esclavage actuel et, faisant écho à des revendications communautaires, menacerait avec son caractère prescriptif la liberté des historiens. Ce sentiment de menace est renforcé par l'opposition entre Christiane Taubira et l'historien de l'esclavage Olivier Grenouilleau, au cours de l'affaire du même nom.
Candidate du PRG à l’élection présidentielle de 2002 En avril 2002, elle est la candidate du Parti radical de gauche à l'élection présidentielle.
L'historien Christophe Prochasson indique qu'elle fait alors figure d'« OVNI politique » et qu'elle n'est « pas très marquée à gauche » : « elle apporte des thématiques nouvelles plutôt de centre gauche, notamment sur le volet social et mémoriel », et « incarne une forme de modernité par rapport à la gauche traditionnelle », « aussi par sa personnalité » : « c’est une femme, noire, intellectuelle, dans un monde politique jusqu’ici dominé par les hommes blancs ». Sa campagne est axée sur deux thèmes : « l’égalité des chances » et la « solidarité pour tous ». Elle formule plusieurs propositions libérales sur le plan économique, comme la baisse de l'imposition des foyers aux revenus les plus élevés, le développement de la retraite par capitalisation ou la suppression des cotisations sociales dans le financement de l’assurance-maladie.
Elle obtient 2,32 % des voix au premier tour et réalise l'essentiel de son score en France d'outre-mer, notamment dans son département d'origine, la Guyane, où elle est députée et où elle obtient 52,7 % des suffrages exprimés.
Selon certains socialistes, cette candidature a contribué à l'éparpillement des voix de gauche et a ainsi été l’une des causes de l'échec de Lionel Jospin à accéder au second tour de l'élection présidentielle, Christiane Taubira ayant obtenu quelque 660 000 voix alors que l’écart entre le Premier ministre et Jean-Marie Le Pen était de moins de 200 000 suffrages. D'après Jacques Séguéla, elle avait proposé une alliance à Lionel Jospin, qui n'aurait pas donné suite. Bernard Tapie, soutien de Christiane Taubira, avait rapporté que celle-ci tenta de négocier son retrait en échange d'un remboursement par le PS des frais déjà engagés par le PRG et d'une demande explicite de la part de Lionel Jospin, qui aurait refusé. Ce dernier nie tout contact avec la candidate des radicaux de gauche, avec qui il est resté par la suite en mauvais termes et à qui il attribue son élimination au premier tour de scrutin.
Dirigeante du PRG et proche des socialistes (2002-2012) Christiane Taubira à un meeting de Ségolène Royal (Toulouse, 19 avril 2007).
Christiane Taubira est de nouveau élue députée au second tour, avec 65,3 % des voix, le 16 juin 2002, dans la première circonscription de la Guyane. Elle est apparentée au groupe socialiste. Tout en demeurant membre du parti guyanais Walwari, elle devient, à la suite du congrès de Toulouse d'octobre 2002, membre et première vice-présidente du Parti radical de gauche, fonction spécialement créée pour elle et supprimée au congrès de décembre 2004. Elle est en tête de la liste « Europe fraternelle » du PRG aux élections européennes de 2004, dans la circonscription Île-de-France : cette liste n'obtient que 1,54 % et aucun élu.
En 2004, elle fait partie des 36 à voter contre la loi interdisant les signes religieux dans les écoles publiques alors que le texte est approuvé par ses collègues députés PRG comme Roger-Gérard Schwartzenberg ou Jean-Michel Baylet ; 494 députés votent pour. À la tribune de l’Assemblée, elle décrit le hijab comme « un défi lancé à l’invisibilité institutionnelle de populations refoulées à la périphérie des villes (…), parfois aussi l’expression d’une identité culturelle réduite à une exhibition de croyances [et considère que] cette discussion nous renvoie aussi à l’histoire coloniale de la France ».
Le 12 juillet 2006, elle se déclare candidate à l'investiture du Parti radical de gauche pour l'élection présidentielle de 2007. Le 22 octobre, le PRG réuni en congrès renonce à présenter une candidature, préférant un accord avec le Parti socialiste sur les élections présidentielle et législatives. Elle quitte le parti à la fin de l'année 2006. Le 20 janvier 2007, Christiane Taubira rallie l'équipe de Ségolène Royal, où elle est nommée « déléguée à l'expression républicaine ». Par la suite, lors de la campagne des législatives de juin 2007, elle déclare avoir été « approchée » par l'entourage de Nicolas Sarkozy « avant la fin de la présidentielle » pour faire partie du gouvernement, mais avoir décliné la proposition. Elle est réélue députée avec 63,41 % des suffrages le 17 juin 2007 pour la XIIIe législature, dans la première circonscription de la Guyane. Elle est apparentée au groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche.
En avril 2008, elle est chargée par le président de la République Nicolas Sarkozy d'une mission sur les accords de partenariat économique entre l'Union européenne et les pays d'Afrique, Caraïbes et Pacifique. Son rapport, remis deux mois plus tard, émet de lourdes critiques envers ces dispositifs, et formule des préconisations jugées audacieuses, mal reçues par l'Élysée, le chef de l'État n'ayant fait aucun commentaire.
Christiane Taubira est candidate, à la tête d'une liste divers gauche lors des élections régionales de 2010 en Guyane. Arrivée en tête des quatre listes de gauche en présence, elle conduit une liste d'union de la gauche au second tour. Le 21 mars 2010, avec 43,9 % des voix, elle est battue par le maire de Cayenne, soutenu par l'UMP, Rodolphe Alexandre (56,1 %). Elle siège dès lors dans l'opposition.
Le 14 décembre 2010, elle annonce son soutien à Arnaud Montebourg dans le cadre des primaires du Parti socialiste de 2011 pour l'élection présidentielle de 2012.
Garde des Sceaux, ministre de la Justice (2012-2016) Christiane Taubira et Jean-Marc Ayrault à l’inauguration du Mémorial de l'abolition de l'esclavage, à Nantes, pendant la campagne présidentielle de 2012. À la suite de la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle, elle est nommée au gouvernement Ayrault, dont 30 membres sur 35 sont issus du Parti socialiste, le 16 mai 2012 en devenant garde des Sceaux, ministre de la Justice.
Après la décision du nouveau Premier ministre disposant que tout ministre de son gouvernement qui se présente aux élections législatives et qui serait battu devrait démissionner, les médias annoncent que Christiane Taubira renonce à briguer un nouveau mandat parlementaire. Par ailleurs, elle démissionne de son mandat de conseillère régionale de la Guyane le 31 août 2012.
Parmi les premières mesures qu'elle désire appliquer figurent une nouvelle loi contre le harcèlement sexuel avec Najat Vallaud-Belkacem et la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs tout récemment créés au profit des tribunaux pour enfants, afin de garantir la spécificité de la justice des mineurs. Dès sa nomination, elle est la cible des critiques de l'UMP et du FN, et l'annonce de cette suppression, prévue dans le programme du candidat Hollande, est qualifiée de laxisme par l'UMP, mais est favorablement accueillie par les représentants de l'Union syndicale des magistrats, le syndicat majoritaire de la magistrature.
Au premier trimestre 2013, confrontée à une vague de départs dans son équipe[pourquoi ?], la ministre est contrainte de remanier son cabinet ; elle embauche alors Christine Maugüé, membre du Conseil d'État et épouse d'un proche de François Hollande, Bernard Rullier, conseiller chargé des affaires parlementaires à l'Élysée.
En tant que garde des Sceaux, elle porte le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe ainsi que l'adoption, qu'elle qualifie de « réforme de civilisation ».
Controverses & affaires(1)
Toutes les controverses publiées disposent d'une source vérifiable. Les éléments non sourcés ne sont jamais publiés.
- Condamnation pour licenciement injustifié
En 2004, Sylvia Edom, son ancienne assistante parlementaire de 2002 à 2003, obtient aux prud'hommes la condamnation de Christiane Taubira pour licenciement injustifié et rupture de contrat de travail à durée déterminée. Recrutée pour s'occuper des relations publiques et de la gestion des évènements de fin d'année, elle voit son contrat reconduit de six mois avant d'être licenciée pour faute grave. La députée lui reproche alors une « absence de planning de travail » et des « insuffisances professionnelles caractérisées », ce que conteste l'employée, soutenant avoir « été en butte aux exigences incessantes et à l'attitude humiliante de Mme Taubira, cela confinant à un harcèlement moral ». Les prud'hommes condamnent Christiane Taubira à verser 5 300 € et Sylvia Edom obtient la requalification de ses deux CDD en CDI.
Rapporté (au conditionnel)
Carrière politique
Ce qu'on dit de Christiane Taubira
Citations, vidéos et interviews où d'autres personnalités politiques ou médias mentionnent cette personne.
Médias & multimédia
Toutes les apparitions et interventions de Christiane Taubira dans les médias : articles, interviews vidéo, podcasts, émissions TV. Sources autorisées uniquement (Le Monde, Mediapart, France TV, INA, etc.). Polidex n'héberge jamais le contenu, uniquement les liens.
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Votes parlementaires
Anecdotes
Condamnation pour licenciement injustifié
En 2004, Sylvia Edom, son ancienne assistante parlementaire de 2002 à 2003, obtient aux prud'hommes la condamnation de Christiane Taubira pour licenciement injustifié et rupture de contrat de travail à durée déterminée. Recrutée pour s'occuper des relations publiques et de la gestion des évènements de fin d'année, elle voit son contrat reconduit de six mois avant d'être licenciée pour faute grave. La députée lui reproche alors une « absence de planning de travail » et des « insuffisances professionnelles caractérisées », ce que conteste l'employée, soutenant avoir « été en butte aux exigences incessantes et à l'attitude humiliante de Mme Taubira, cela confinant à un harcèlement moral ». Les prud'hommes condamnent Christiane Taubira à verser 5 300 € et Sylvia Edom obtient la requalification de ses deux CDD en CDI.
Rapporté (au conditionnel)
Questions fréquentes
- Quel est l'âge de Christiane Taubira ?
- Christiane Taubira est né(e) le 2 février 1952, ce qui lui fait 74 ans.
- Quelle est la fonction actuelle de Christiane Taubira ?
- Christiane Taubira est actuellement Personnalité politique française du XXe-XXIe siècle..
