En bref
- Naissance
- 21/04/1919
- Décès
- 19/11/2007
- Nationalité
- France
- Dernier mandat
- Ministre (France) · 1 janvier 1980
Biographie
## Parcours politique
Collaboration Il collabore entre décembre 1940 et février 1942 à l'hebdomadaire maréchaliste et pétainiste La Terre française, publié en zone occupée, dans lequel il rédige à partir de février 1941 la chronique « Ohé ! les Jeunes ! ». Il y loue Pétain, Georges Lamirand, la Révolution nationale et la collaboration.
Dans un article d'octobre 1941 intitulé « Nous dénoncerons... ? », il affirme que « les jeunes doivent être, dans chaque village, les agents du Maréchal, la police de la révolution ». Le 12 avril 1941, il y écrit dans un texte à propos de Jésus et de Pâques : « Les juifs, les pharisiens hypocrites n’espèrent plus. Pour eux l’affaire est terminée. Ils n’ont pas la foi. Ils ne portent pas en eux la possibilité d’un redressement. Pour l’éternité leur race est souillée par le sang du juste. Ils seront maudits de tous. Ils ont condamné Dieu sans même vouloir reconnaitre leur ignominie, le regretter ». Un autre article exprime de même un « violent antisémitisme aux sources religieuses » selon l'expression de l'historienne Bénédicte Vergez-Chaignon.
Ses écrits, longtemps oubliés, seront mis en lumière en 1994 par un ancien résistant et ancien déporté juif, l'homme d'affaires Jean Frydman, à la suite d'un litige financier qui l'oppose aux dirigeants de L'Oréal. Administrateur israélien de Paravision, filiale audiovisuelle de L'Oréal, il a été évincé en 1989 par François Dalle, P-DG de L'Oréal et ami d'André Bettencourt, sous la pression de la Ligue arabe. Frydman révèle alors le passé pétainiste du milliardaire ainsi que celui de plusieurs autres dirigeants et cadres de L'Oréal sous l'Occupation, contraignant André Bettencourt à quitter la vice-présidence du groupe en décembre 1994. Frydman, dans une brochure, cite des extraits d'articles écrits par Bettencourt et l'accuse d'avoir été « pendant 21 mois un agent actif de la Propagandastaffel et (d'avoir publié) des articles qui, faisant l'apologie du national-socialisme, constituaient de véritables appels à l'anéantissement des Juifs, des francs-maçons et des résistants ». André Bettencourt plaidera en 1995 « l'erreur de jeunesse » et dira regretter « une vingtaine de lignes sur les Juifs ». De même, il arguera n'avoir pas su qui étaient les propriétaires de l'hebdomadaire : « Je n'en savais strictement rien. On m'a proposé cette chronique parce que j'étais connu comme dirigeant de la Jeunesse agricole chrétienne. Pour moi, c'était simplement un journal largement répandu dans les milieux agricoles ». Dans ses mémoires rédigés à l'intention de sa famille et de ses proches, il juge ses écrits « assez enfantin(e)s » et se justifie ainsi : « Dans le catholicisme de mon enfance, les juifs avaient tué le Christ, je ne connaissais pas de juifs, mais cette idée m'habitait ».
Les mémoires, qu'il dicte entre 1998 à 1999 à Diane de Clairval, ex-directrice de la Fondation Bettencourt Schueller, sont le témoignage d'un homme défait au passé terni par de sombres révélations. Ses Souvenirs tentent d'effacer l'accusation d'antisémitisme dont il fait alors l'objet, notamment aux yeux de son gendre Jean-Pierre Meyers, juif dont une partie de la famille a disparu dans les camps de concentration.
Bénédicte Vergez-Chaignon souligne que le contenu maréchaliste de ses articles passe dans les années 1990 au second plan au profit de ses deux articles antisémites. Elle souligne de même que l'hebdomadaire n'est pas une « feuille nazie » même s'il a été publié avec l'aval des Allemands et qu'il est racheté en mars 1942 par une société servant de prête-nom à un agent allemand de la Propagandastaffel.
Activités de Résistance alléguées Ses mémoires mentionneront de faux états de service dans la Résistance. Au début de 1943, il serait entré dans la Résistance, au sein du Rassemblement national des prisonniers de guerre. Dans la nuit du 15 au 16 novembre 1943, il aurait aidé François Mitterrand à rejoindre Londres en avion. Il aurait été arrêté la même année par la Gestapo à Nancy et aurait été incarcéré, il se serait évadé et serait devenu agent de liaison du CNR en Suisse, puis membre de la délégation à Berne du gouvernement d'Alger. Cependant, son rôle à Genève a été contesté par le député suisse Charles Poncet, de même Serge Klarsfeld déclare n'avoir trouvé aucune preuve de l'engagement de Bettencourt avant juillet 1944.
Serge Klarsfeld met en doute le passé résistant de Bettencourt à partir de 1995, reconnaissant seulement des contacts avec les Américains en Suisse durant l'été 1944, pour le compte de François Mitterrand et de son MNPGD, afin de leur procurer un soutien financier : il a reçu de l'Office of Strategic Services (OSS) 2,5 millions de francs. Dès lors, Bettencourt apparait comme un « pétainiste qui aurait volé sur le tard au secours de la victoire ». De même, il n'y a jamais eu de délégation du CNR à Genève. S'il a bien été arrêté par la Gestapo, fin 1943 à Nancy, ce fut sous sa véritable identité et par hasard et il a été libéré après plus d'un mois de détention.
Selon Bénédicte Vergez-Chaignon, il a été aux côtés de Mitterrand et de son Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MNPGD) à partir de 1943. Ce serait grâce à Mitterrand qu'il aurait opté pour la Résistance, fin 1942 selon Bettencourt. Il serait plutôt entré en résistance vers août-septembre 1943, aux côtés d'amis apportant leur aide aux prisonniers de guerre et ayant une activité clandestine et illégale. Il est dès lors un vichysto-résistant.
À la Libération, il rejoint le MNPGD, issu de la fusion entre le RNPG et les autres réseaux de résistance de prisonniers et déportés), et reçoit la croix de guerre 1939-1945, la rosette de la Résistance et la croix de chevalier de la Légion d'honneur[Quand ?]. Grâce à son témoignage et celui de son ami François Mitterrand, Eugène Schueller, son futur beau-père, fondateur de L'Oréal, évite l'épuration.
Député André Bettencourt s'engage en politique : il échoue aux législatives de 1946 mais succède à son père comme conseiller général de Lillebonne à la mort de celui-ci en 1947 et entre au conseil municipal de Saint-Maurice-d'Ételan.
Élu au scrutin de liste à l'Assemblée nationale en 1951 sous l'étiquette de l'Union des indépendants paysans et des républicains nationaux, il siège à la commission de la presse et à celle des territoires d'outre-mer, intervenant particulièrement sur le conflit indochinois en demandant la mise en place de négociations. Cette position le rapproche de Pierre Mendès France qui le fait entrer dans son cabinet comme secrétaire d'État à la Présidence du Conseil chargé de la coordination des services de l'information en juin 1954.
André Bettencourt (à gauche), alors ministre de l'Industrie, rencontrant Nicolae Ceaușescu (à droite) en Roumanie (le 30 septembre 1968). Réélu en 1956 sur la liste des indépendants paysans avec Pierre Courant, il participe à la Commission de la marine marchande. Il soutient les derniers gouvernements de la IVe république, approuve les traités créant la Communauté économique européenne et Euratom et vote les pouvoirs spéciaux en Algérie le 12 mars 1956, puis les pleins pouvoirs à De Gaulle et la révision constitutionnelle.
Réélu à l'Assemblée nationale jusqu'en 1977, dont il est vice-président de la commission des Affaires étrangères entre 1962 et 1965, puis sénateur de 1977 à 1995, il intègre la Fédération nationale des républicains indépendants dont il est vice-président de 1966 à 1971.
Le 17 janvier 1975, André Bettencourt vote la loi dépénalisant l'avortement dite « loi Veil ».
Ministre André Bettencourt s'exprimant en tant que ministre des Postes et Télécommunications devant le Parlement européen en 1968. Il est nommé ministre sans interruption de 1966 à 1973, étant en particulier simultanément ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé du Plan et de l'Aménagement du territoire (cabinet de Jacques Chaban-Delmas) et chargé de l'intérim du ministre des Affaires culturelles, à la mort d'Edmond Michelet. Grâce à ce double mandat ministériel, il a pu autoriser l'exploitation d'une mine de bauxite à ciel ouvert par Pechiney, dans le site naturel classé des Baux-de-Provence. Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, il organise en septembre 1973 pour Georges Pompidou, la première visite présidentielle française en Chine depuis la prise de pouvoir par les communistes, et fut à ce titre l'un des rares hommes politiques français à avoir dialogué en direct avec Mao-Tsé Toung.
En 1986, il est très brièvement cité comme premier ministre possible de François Mitterrand dans le cadre du premier gouvernement de cohabitation du fait de leur ancienne amitié.
Élu local Localement, il devient maire de Saint-Maurice-d'Ételan en 1965, conserve son mandat de conseiller général de Seine-Maritime jusqu'en 1979, et préside le conseil régional de Haute-Normandie de 1974 à 1981. Il participe à la création du district Lillebonne-Notre-Dame-de-Gravenchon, et du syndicat départemental de l'eau. Il est également l'initiateur du parc naturel régional de Brotonne, du prolongement de l'autoroute de Normandie et du développement du port du Havre.
Controverses & affaires
Carrière politique
Ce qu'on dit de André Bettencourt
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Questions fréquentes
- Quel est l'âge de André Bettencourt ?
- André Bettencourt est décédé(e) le 19 novembre 2007, à l'âge de 88 ans.
