En bref
- Nationalité
- Union européenne
- Mandat en cours
- 1er président de la Commission CEE · depuis 1 janvier 2020
Biographie
## Jeunesse et carrière pré-universitaire (1901-1920)
Walter Hallstein est né le 17 novembre 1901 à Mayence. Après avoir fait son école primaire à Darmstadt, il entra dans un gymnasium à Mayence où il resta de 1913 jusqu'à son Abitur en 1920.
## Carrière universitaire et période d'avant-guerre
Il devint alors professeur à l'Institut de l'Empereur Guillaume pour le droit privé étranger et international à Berlin, où il se spécialisa dans le droit commercial comparé et le droit des entreprises en travaillant pour Martin Wolff, un académicien spécialisé dans le droit commercial. Il y resta jusqu'à en 1930. En 1929, il obtint son habilitation universitaire de l'université de Berlin, à la suite d'une thèse en droit des entreprises. En 1930, à l'âge de 29 ans, il fut nommé professeur de droit privé et de droit des entreprises à l'université de Rostock, devenant ainsi le plus jeune professeur de droit d'Allemagne.
En 1935, à l'âge de 34 ans, il effectue un service militaire volontaire dans l'artillerie, alors qu'il est déjà Prodekan (Vice-Doyen) d'Université. Entre 1936 et 1939, il suit plusieurs formations militaires et devient officier de réserve.
Il resta à Rostock jusqu'en 1941 y devenant en 1936 haut-fonctionnaire en qualité de Dekan (Doyen).
Hallstein n'était pas membre du Parti national-socialiste ni du Sturmabteilung. Il était en revanche, à l'instar de beaucoup d'autres juristes, membre de diverses organisations professionnelles prises en mains par le régime nazi telles que l'Association national-socialiste des enseignants (Nationalsozialistischer Lehrerbund), l'Association des juristes nationaux-socialistes (Nationalsozialistischer Rechtswahrerbund), l'Association allemande national-socialiste des maîtres de Conférence (Nationalsozialistischer Deutscher Dozentenbund) et l'Association national-socialiste de protection des civils face aux raids aériens (Nationalsozialistischer Luftschutzbund). Cette appartenance résulte de la prise de contrôle par le régime nazi des associations professionnelles et civiques lors de la Gleichschaltung (« mise au pas » ou « alignement »). De ce fait, la simple appartenance à une association professionnelle signifiait qu'il était membre d'une association contrôlée par le régime nazi.
Mais il est reconnu pour avoir gardé ses distances avec les nazis, dont il rejetait l'idéologie. En 1941, des officiers nazis se sont opposés à sa nomination comme professeur de droit à l'université de Francfort, mais sa candidature fut soutenue par les autres professeurs et universitaires et il devint finalement recteur de la faculté en 1946.
## Carrière universitaire d'après-guerre (1945-1950)
En novembre 1945, Hallstein revint en Allemagne où il milita pour la réouverture de l'université de Francfort. Refusant une offre de Ludwig Erhard pour devenir vice-ministre au sein du ministère bavarois de l'économie, il devint conférencier à l'université de Francfort le 1er février 1946 et, en avril, fut élu recteur. Il conserva cette fonction jusqu'en 1948. Il fut président de la conférence des recteurs du sud de l'Allemagne, qu'il fonda. De 1948 à 1949, il passa une année comme professeur associé à l'université de Georgetown à Washington.
Hallstein co-fonda le comité national UNESCO et fut son premier président de 1949 à 1950.
## Carrière diplomatique (1950-1957)
Affaires étrangères à la chancellerie (1950-1951)
Le palais Schaumburg en 1950, alors siège de la chancellerie fédérale, où travaillait Hallstein avant que l'office des Affaires étrangères ne soit créé.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un conflit qui avait causé une destruction massive et qui avait entraîné la division du continent par le rideau de fer, des appels furent lancés afin d'augmenter la coopération en Europe. Le ministre français des Affaires étrangères, Robert Schuman, mit en avant un plan, sur les propositions de Jean Monnet, pour établir une Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) qui unifierait le contrôle de la production franco-allemande de charbon et d'acier et des discussions commencèrent à cette fin. L'Allemagne n'avait pas encore regagné sa souveraineté après sa défaite durant la Seconde Guerre mondiale, et était représentée à l'international par la Haute commission alliée. Il n'y avait donc pas de ministère des Affaires étrangères et, pendant un temps, celles-ci étaient gérées par la chancellerie fédérale.
Konrad Adenauer, alors chancelier, appela Hallstein à Bonn sur une suggestion de Wilhelm Röpke et, en juin 1950, il le nomma à la tête de la délégation allemande pour les négociations du plan Schuman à Paris qui allait mener à la création de la CECA. Jean Monnet, à la tête de la délégation française, et Hallstein négocièrent le plan Schuman, à la base de la CECA, dont le traité fondateur fut signé à Paris en 1951.
En août 1950, à la surprise générale, Hallstein prit la tête de l'office des Affaires étrangères au sein de la chancellerie fédérale. À cette époque, peu de choses étaient connues à propos d'Hallstein, à l'exception du fait qu'il n'avait pas été membre du parti Nazi et qu'il était en bons termes avec les officiels américains.
Secrétaire d'État aux Affaires étrangères (1951-1958) L'Allemagne de l'Ouest rejoint l'OTAN : Walter Hallstein (à gauche) avec Konrad Adenauer (au centre) et l'Ambassadeur Herbert Blankenhorn (à droite) à la conférence de l'OTAN à Paris en 1954. Seconde lecture des traités de Paris au Parlement ouest-allemand le 25 février 1955. Après une modification du statut d'occupation, l'office des Affaires étrangères fut rétabli le 15 mars 1951. Toutefois, la fonction de ministre des Affaires étrangères fut occupée par Adenauer lui-même. Le 2 avril 1951, Hallstein devint le principal fonctionnaire du nouvel office des Affaires étrangères. Les affaires étrangères étaient menées par Adenauer lui-même avec un groupe de conseillers, dont Hallstein, Blankenhorn et d'autres. Par beaucoup d'aspects, Hallstein était le ministre des Affaires étrangères sans pour autant en avoir le titre. Cependant, le besoin d'avoir un ministre des Affaires étrangères distinct du chancelier se fit rapidement sentir. Adenauer aurait alors considéré Hallstein pour cette fonction, bien qu'il ne soit membre d'aucun parti politique.
Hallstein a joué un rôle important afin de promouvoir les objectifs ouest-allemands de regagner la souveraineté et de créer la Communauté européenne de défense (CED), dont l'Allemagne de l'Ouest serait membre. Les négociations résultèrent en la signature de deux accords internationaux :
le 26 mai 1952 : le traité de Bonn qui fut signé par l'Allemagne de l'Ouest, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni et qui, après ratification, rétablirait la souveraineté de la République fédérale d'Allemagne (de facto l'Allemagne de l'Ouest, sans pour autant inclure Berlin-Ouest, qui garda un statut spécial) ; le 27 mai 1952 : le traité de Paris signé par l'Allemagne de l'Ouest, la Belgique, les États-Unis, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas et qui, après ratification, aurait établi la Communauté européenne de défense.
Toutefois, le traité de Paris instituant la CED n'a pas été approuvé par le Parlement français. Afin de pallier cet échec, une solution impliquant l'Union de l'Europe occidentale (UEO) fut accepté, et l'Allemagne de l'Ouest devint membre de l'OTAN. Les efforts visant à résoudre cette question ont culminé en 1954 lors de deux conférences à Londres et Paris. L'Allemagne était représentée par Adenauer, le chancelier allemand, et les principaux fonctionnaires de l'office des Affaires étrangères allemand, Hallstein, Blankenhorn et Grewe. Hallstein aida à la rédaction de plusieurs traités à la conférence des Neuf Puissances qui s'est déroulée à Londres du 23 septembre au 3 octobre 1954. Ceux-ci furent finalisés entre le 20 et le 23 octobre 1954 à Paris. Les conférences de Paris se sont subdivisées en une réunion des parties de la conférence des Neuf Puissances de Londres (20 octobre), une réunion des sept membres de l'UEO, une rencontre des Quatre Puissances pour mettre fin à l'occupation de l'Allemagne (21–22 octobre), et une rencontre des quatorze membres de l'OTAN pour approuver l'adhésion de l'Allemagne.
Après la ratification des accords de Paris le 5 mai 1955, le traité général (Deutschlandvertrag), qui rétablit la souveraineté (ouest-)allemande, entra en vigueur et la République fédérale d'Allemagne adhéra à l'OTAN.
Une fois que les principaux objectifs de la politique étrangère furent rapatriés en Allemagne, Hallstein rétablit le service diplomatique et réorganisa l'office des Affaires étrangères sur la base du rapport Maltzan, un rapport demandé par Hallstein le 26 juin 1952 et publié un mois plus tard par Vollrath von Maltzan, un ancien diplomate alors détaché du ministère de l'économie.
Il y eut des critiques liées au manque d'information et de consultation ainsi que de l'atmosphère de secret, résultant probablement de la méfiance d'Adenauer envers les anciens de l'office des Affaires étrangères, les vétérans de la Wilhelmstraße, et de sa volonté de donner les fonctions à des personnes de l'extérieur qui n'avaient pas été diplomates durant le régime nazi. Il y aurait des suppositions de déconnexion entre le haut de la hiérarchie, comprenant Adenauer et un petit groupe de proches conseillers dont Hallstein et Blankenhorn d'une part, et les chefs de divisions de l'office des Affaires étrangères et les missions diplomatiques d'autre part. Hallstein était également critiqué par la presse après le rejet de la Communauté européenne de défense par l'Assemblée nationale française alors que cela avait été prédit par la mission diplomatique allemande à Paris.
Le 6 juin 1955, Adenauer, qui avait jusqu'alors été chancelier et ministre des Affaires étrangères, nomma Heinrich von Brentano à cette dernière fonction et il y eut une réorganisation des responsabilités. Toutefois, Hallstein conserva la confiance d'Adenauer et continua d'assister aux réunions du cabinet. Herbert Blankenhorn, qui était jusqu'alors le chef du département politique de l'office des Affaires étrangères, devint le représentant permanent de l'Allemagne à l'OTAN à Paris ; Wilhelm Grewe prit sa place au département politique et devint le second d'Hallstein.
Hallstein fut également impliqué dans des discussions avec les Français au sujet du retour de la Sarre, une région riche en charbon, sous contrôle allemand. Le 23 octobre 1955 eut lieu le référendum qui permit de lancer les plans visant à la réintégration de la Sarre en RFA. L'intégration politique eut lieu avant le 1er janvier 1957 et l'intégration économique devait avoir lieu avant le 1er janvier 1960. En septembre 1956, Hallstein annonça que la France avait accepté de transférer le contrôle de la Sarre à l'Allemagne et, le 27 octobre 1956, le traité sur la Sarre fut signé.
Doctrine Hallstein En 1955, l'Allemagne avait, dans une large mesure, récupéré sa souveraineté et intégra les organisations de défense occidentales : l'UEO et l'OTAN ; le processus d'intégration européenne avec l'établissement de la CECA ; et la question de la Sarre allait être réglée lors du référendum d'octobre 1955. Hallstein a joué un rôle majeur dans chacune de ces questions. Dès lors, les nouveaux enjeux de la politique étrangère allemande étaient la réunification allemande et la politique étrangère de l'Allemagne de l'Ouest vis-à-vis de ses voisins de l'est, dont l'Allemagne de l'Est. Impliqué dans l'intégration européenne, Hallstein délégua une partie de ce travail à Wilhelm Grewe. Cependant, en dépit de cela, la politique étrangère allemande devint associée à Hallstein.
En 1955, Hallstein et Grewe accompagnèrent Adenauer au sein d'une délégation à Moscou, où l'établissement de relations diplomatiques entre Bonn et Moscou fut accepté.
Controverses & affaires
Carrière politique
Mandats
- 1er président de la Commission CEEEn coursWalter Hallstein1 janvier 2020 · Source
Ce qu'on dit de Walter Hallstein
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Médias & multimédia
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Questions fréquentes
- Quelle est la fonction actuelle de Walter Hallstein ?
- Walter Hallstein est actuellement 1er président de la Commission CEE.
