En bref
- Naissance
- 24/04/1856
- Décès
- 23/07/1951
- Nationalité
- France
- Dernier mandat
- Ministre (France)
Biographie
## Jeunesse et formation
Acte de naissance de Philippe Pétain. Henri Philippe Bénoni Omer Joseph Pétain naît le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour, dans une famille de cultivateurs raisonnablement aisée, installée dans la commune depuis le XVIIIe siècle. Il est le fils d'Omer Venant Pétain (1816-1888) et de Clotilde Legrand (1824-1857). Il a quatre sœurs, Marie (1852-1950), Adélaïde (1853-1919), Sara (1854-1940) et Joséphine (1857-1862). Sa mère meurt en couches en mettant au monde sa quatrième fille. Son père se remarie très vite avec Marie-Reine Vincent. Trois autres enfants, demi-frère et sœurs, voient le jour : Élisabeth (1860-1952), Antoine (1861-1948) et Laure (1862-1945).
Bien que son acte de naissance porte les prénoms Henri, Philippe, Bénoni, Omer et Joseph, c'est Philippe qu'il choisit et, tout au long de sa vie, il prend soin de rectifier.
Sa belle-mère néglige les enfants du premier lit de son mari et Philippe Pétain s'enferme dans le silence, ne parlant pas avant l'âge de trois ans. Il est élevé par ses grands-parents maternels ; sa grand-mère lui apprend à lire. En 1867, à l'âge de 11 ans, il entre au collège Saint-Bertin situé à Saint-Omer, à trente kilomètres de Cauchy, et y montre des qualités en géométrie, grec, et anglais. La famille est marquée par le catholicisme. Philippe sert la messe quotidienne comme enfant de chœur. Un membre de la famille est canonisé en 1881 par Léon XIII, Saint Benoît Joseph Labre ; un de ses oncles et deux de ses grands-oncles sont abbés.
Cet environnement influence Philippe Pétain ; marqué à 14 ans par la défaite de 1870, il décide d’être militaire. Son oncle paternel, l'abbé Legrand, le présente au châtelain du village de Bomy, Édouard Moullart de Vilmarest, qui souhaitait financer les études d'un jeune villageois se destinant à une carrière militaire. Philippe Pétain prépare, au collège des Dominicains d'Arcueil (1875), l'école de Saint-Cyr, où il entre en 1876.
Le lieutenant Philippe Pétain.
À l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, il est de la promotion Plewna, avec le vicomte Charles de Foucauld, futur saint catholique, et Antoine Manca de Vallombrosa, futur aventurier.
Entré parmi les derniers (403e sur 412), il sort en milieu de classement (229e sur 336).
Cinq ans sous-lieutenant, sept ans lieutenant, dix ans capitaine (promu en 1890), il gravit lentement les échelons militaires.
En 1883, il est affecté à une compagnie du 3e BCP au fort de Châtillon-le-Duc dont il assure le commandement de mi 1887 à fin 1888.
Il est admis en 1888 à l'École supérieure de guerre et en sort breveté d'état-major deux ans plus tard au rang modeste de 56e.
Plusieurs jeunes femmes de bonne famille (Antoinette Berthelin, Angéline Guillaume, Lucie Delarue, Marie-Louise Regad) refusent ses demandes en mariage, car il n'est encore qu'un officier subalterne.
Sa vie personnelle est celle d'un homme à femmes : célibataire endurci jusqu'à son mariage avec Eugénie Hardon à 60 ans passés, il a de nombreuses maîtresses au cours de sa vie et fréquente souvent les maisons closes.
## Carrière militaire
1878-1883 : sous-lieutenant – 1re affectation au 24e bataillon de chasseurs à pied de Villefranche. 12 décembre 1883 – 1890 : lieutenant – 1re affectation au 3e bataillon de chasseurs de Besançon. novembre 1888 : entrée à l’École de guerre 14e promotion. 1890 : capitaine à la sortie de l’école – affecté à l’état-major du 15e corps d'armée à Marseille. 1892 : affecté au 29e bataillon de chasseurs à pied à Vincennes. 1893 : état-major du gouverneur militaire de Paris. 12 juillet 1900 : commandant – affecté à l’École de tir de Châlons-sur-Marne. début 1901 : affecté au 5e régiment d'infanterie à la caserne de La Tour-Maubourg à Paris. Été 1901 : professeur-adjoint à l’École supérieure de guerre. Été 1903 : chef de bataillon au 104e régiment d'infanterie. Été 1904-1907 : professeur à l’École de guerre. Été 1907 : lieutenant-colonel commandant le 118e régiment d'infanterie à Quimper. 1908 – 26 juin 1911 : titulaire de la chaire de tactique de l’infanterie à l’École de guerre. 31 décembre 1910 : colonel. 26 juin 1911 : commandant le 33e régiment d'infanterie à Arras. 1912 : professeur de tactique générale à l’École de cavalerie de Saumur. janvier 1914 : commandant par intérim de la 4e brigade à Saint-Omer. 24 juillet 1914 : annonce de sa retraite. août 1914 : commandant la 4e brigade du 1er corps d'armée . 31 août 1914 : général de brigade. 2 septembre 1914 : commandant la 6e division d'infanterie. 14 septembre 1914 : général de division. 20 octobre 1914 : commandant le 33e corps d'armée. 10 mai 1915 : commandeur de la Légion d'honneur. 21 juin 1915 : commandant de la 2e armée. 25 février 1916 : la 2e armée est envoyée à Verdun. 2 mai 1916 : commandant du groupe d’armées centre à Bar-le-Duc. 27 avril 1917 : chef d’État-Major général. 15 mai 1917 : général en chef des armées françaises. 24 août 1917 : grand-croix de la Légion d'honneur. 6 août 1918 : médaille militaire (chef de l'État français, il porte seulement cette décoration). 21 novembre 1918 : maréchal de France. 23 janvier 1920 : vice-président du Conseil supérieur de la guerre. 9 février 1931 : inspecteur de la défense aérienne du territoire. 15 août 1945 : déchéance de tous ses titres (peine de dégradation nationale pour haute trahison).
## Fonctions politiques
8 février 1934 – 8 novembre 1934 : ministre de la Guerre. 6 juin 1936 – 1er mars 1939 : membre du Comité permanent de la Défense nationale (CPDN). 2 mars 1939 – 16 mai 1940 : ambassadeur à Madrid. 17 mai 1940 : vice-président du Conseil des ministres. 16 juin 1940 : président du Conseil des ministres. 11 juillet 1940 – 20 août 1944 : chef de l’État français.
Controverses & affaires(6)
Toutes les controverses publiées disposent d'une source vérifiable. Les éléments non sourcés ne sont jamais publiés.
- Procès et condamnation (1/5)
Philippe Pétain durant son procès, 30 juillet 1945. « Pétain au poteau ! », tract de l'Union de la jeunesse républicaine de France, vers 1945. Le procès du maréchal Pétain débute le 23 juillet 1945 devant la Haute Cour de justice créée le 18 novembre 1944. Après que six autres magistrats se sont récusés, le tribunal est présidé par Paul Mongibeaux, promu à cette occasion par le gouvernement provisoire du général de Gaulle, premier président de la Cour de cassation, assisté du président de la chambre criminelle à la Cour de cassation Donat-Guigne, et Picard, premier président de la cour d'appel de Paris. Tous trois avaient prêté serment de fidélité au maréchal. Le ministère public est représenté par le procureur général André Mornet, président honoraire de la Cour de cassation. L’instruction est assurée par Pierre Bouchardon, président de la commission de la Haute Cour, choisi personnellement par de Gaulle. Le jury de vingt-quatre personnes est constitué de douze parlementaires (et quatre suppléants) et de douze non-parlementaires issus de la Résistance (et quatre suppléants). Ce jury est choisi dans deux listes, la première étant celle de cinquante parlementaires n'ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain, la deuxième étant composée de personnalités de la Résistance ou proches d'elle. La défense use de son droit de récusation pour quelques noms sortant du tirage au sort, notamment Robert Pimienta et Lucie Aubrac.
Rapporté (au conditionnel) - Procès et condamnation (2/5)
pour les parlementaires : Gabriel Delattre, Émile Bender, Georges Lévy-Alphandéry, Michel Tony-Révillon, Émile Bèche, Adrien Mabrut, Louis Prot, René Renoult, Jean Pierre-Bloch, Pétrus Faure, Paul Sion, Léandre Dupré, Camille Catalan (suppléant), Jammy Schmidt (suppléant), Joseph Rous (suppléant) et Eugène Chassaing (suppléant) ; pour les non-parlementaires : Henri Seignon, Jacques Lecompte-Boinet, Lorignet, Roger Lescuyer, Roger Gervolino, Maurice Guérin, Jean Guy, Ernest Perney, Pierre Meunier, Pierre Stibbe, Dr Porcher, Marcel Bergeron, Georges Poupon (suppléant), Jean Worms dit Germinal (suppléant), Marcel Levêque (suppléant), Gilbert Destouches (suppléant).
Rapporté (au conditionnel) - Procès et condamnation (3/5)
Défendu par Jacques Isorni, Jean Lemaire et le bâtonnier Fernand Payen, Philippe Pétain déclare le premier jour qu’il avait toujours été un allié caché du général de Gaulle et qu’il n’était responsable que devant la France et les Français qui l’avaient désigné et non devant la Haute Cour de justice. Dans ces conditions, il ne répondra pas aux questions qui lui seront posées. Viennent déposer de nombreuses personnalités en tant que témoins soit à charge : Édouard Daladier, Paul Reynaud, Léon Blum, Pierre Laval, soit à décharge : le général Weygand, le pasteur Marc Boegner, ou encore l’aumônier des prisonniers de guerre Jean Rodhain, seul homme d'Église à témoigner à décharge.
Rapporté (au conditionnel) - Procès et condamnation (4/5)
Le procès s’achève le 15 août 1945 à quatre heures et demie du matin. Suivant les réquisitions du procureur général André Mornet, la cour déclare Philippe Pétain coupable d’intelligence avec l’ennemi et de haute trahison. Elle le condamne à mort, à l'indignité nationale, et à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois ces condamnations du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge.
Rapporté (au conditionnel) - Procès et condamnation (5/5)
Le verdict de la Haute Cour de justice reconnaît Philippe Pétain coupable d'indignité nationale et le condamne à la dégradation nationale ; cette décision emporte dans l'armée"}},"i":0}}]}' id="mwDKQ">« la destitution de toutes fonctions, emplois, offices publics et corps constitués / la perte de tous grades dans l'armée ». À la fin du procès, il se dépouille de son uniforme avant d'être incarcéré, mais c’est avec ce même uniforme qu’il fut inhumé en 1951.
Rapporté (au conditionnel) - Polémiques sur une messe célébrée à sa mémoire à Verdun (2025)
Le 15 novembre 2025 est célébrée à Verdun une messe en mémoire de Philippe Pétain et de ses soldats, après avoir été interdite par un arrêté du maire de la commune, Samuel Hazard, suspendu ensuite par le tribunal administratif de Nancy. À l'issue de cette cérémonie, Jacques Boncompain, président de l'association de défense de la mémoire du maréchal Pétain, déclare : « Ce n'était pas un hommage. Pétain a été le plus grand sauveur de juifs. » Ces propos, « clairement révisionnistes » sont condamnés par le préfet de la Meuse, Xavier Delarue, qui annonce aller en justice.
Rapporté (au conditionnel)
Carrière politique
Ce qu'on dit de Philippe Pétain
Citations, vidéos et interviews où d'autres personnalités politiques ou médias mentionnent cette personne.
Votes parlementaires
Anecdotes
Procès et condamnation (1/5)
Philippe Pétain durant son procès, 30 juillet 1945. « Pétain au poteau ! », tract de l'Union de la jeunesse républicaine de France, vers 1945. Le procès du maréchal Pétain débute le 23 juillet 1945 devant la Haute Cour de justice créée le 18 novembre 1944. Après que six autres magistrats se sont récusés, le tribunal est présidé par Paul Mongibeaux, promu à cette occasion par le gouvernement provisoire du général de Gaulle, premier président de la Cour de cassation, assisté du président de la chambre criminelle à la Cour de cassation Donat-Guigne, et Picard, premier président de la cour d'appel de Paris. Tous trois avaient prêté serment de fidélité au maréchal. Le ministère public est représenté par le procureur général André Mornet, président honoraire de la Cour de cassation. L’instruction est assurée par Pierre Bouchardon, président de la commission de la Haute Cour, choisi personnellement par de Gaulle. Le jury de vingt-quatre personnes est constitué de douze parlementaires (et quatre suppléants) et de douze non-parlementaires issus de la Résistance (et quatre suppléants). Ce jury est choisi dans deux listes, la première étant celle de cinquante parlementaires n'ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain, la deuxième étant composée de personnalités de la Résistance ou proches d'elle. La défense use de son droit de récusation pour quelques noms sortant du tirage au sort, notamment Robert Pimienta et Lucie Aubrac.
Rapporté (au conditionnel)Procès et condamnation (2/5)
pour les parlementaires : Gabriel Delattre, Émile Bender, Georges Lévy-Alphandéry, Michel Tony-Révillon, Émile Bèche, Adrien Mabrut, Louis Prot, René Renoult, Jean Pierre-Bloch, Pétrus Faure, Paul Sion, Léandre Dupré, Camille Catalan (suppléant), Jammy Schmidt (suppléant), Joseph Rous (suppléant) et Eugène Chassaing (suppléant) ; pour les non-parlementaires : Henri Seignon, Jacques Lecompte-Boinet, Lorignet, Roger Lescuyer, Roger Gervolino, Maurice Guérin, Jean Guy, Ernest Perney, Pierre Meunier, Pierre Stibbe, Dr Porcher, Marcel Bergeron, Georges Poupon (suppléant), Jean Worms dit Germinal (suppléant), Marcel Levêque (suppléant), Gilbert Destouches (suppléant).
Rapporté (au conditionnel)Procès et condamnation (3/5)
Défendu par Jacques Isorni, Jean Lemaire et le bâtonnier Fernand Payen, Philippe Pétain déclare le premier jour qu’il avait toujours été un allié caché du général de Gaulle et qu’il n’était responsable que devant la France et les Français qui l’avaient désigné et non devant la Haute Cour de justice. Dans ces conditions, il ne répondra pas aux questions qui lui seront posées. Viennent déposer de nombreuses personnalités en tant que témoins soit à charge : Édouard Daladier, Paul Reynaud, Léon Blum, Pierre Laval, soit à décharge : le général Weygand, le pasteur Marc Boegner, ou encore l’aumônier des prisonniers de guerre Jean Rodhain, seul homme d'Église à témoigner à décharge.
Rapporté (au conditionnel)Procès et condamnation (4/5)
Le procès s’achève le 15 août 1945 à quatre heures et demie du matin. Suivant les réquisitions du procureur général André Mornet, la cour déclare Philippe Pétain coupable d’intelligence avec l’ennemi et de haute trahison. Elle le condamne à mort, à l'indignité nationale, et à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois ces condamnations du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge.
Rapporté (au conditionnel)Procès et condamnation (5/5)
Le verdict de la Haute Cour de justice reconnaît Philippe Pétain coupable d'indignité nationale et le condamne à la dégradation nationale ; cette décision emporte dans l'armée"}},"i":0}}]}' id="mwDKQ">« la destitution de toutes fonctions, emplois, offices publics et corps constitués / la perte de tous grades dans l'armée ». À la fin du procès, il se dépouille de son uniforme avant d'être incarcéré, mais c’est avec ce même uniforme qu’il fut inhumé en 1951.
Rapporté (au conditionnel)Polémiques sur une messe célébrée à sa mémoire à Verdun (2025)
Le 15 novembre 2025 est célébrée à Verdun une messe en mémoire de Philippe Pétain et de ses soldats, après avoir été interdite par un arrêté du maire de la commune, Samuel Hazard, suspendu ensuite par le tribunal administratif de Nancy. À l'issue de cette cérémonie, Jacques Boncompain, président de l'association de défense de la mémoire du maréchal Pétain, déclare : « Ce n'était pas un hommage. Pétain a été le plus grand sauveur de juifs. » Ces propos, « clairement révisionnistes » sont condamnés par le préfet de la Meuse, Xavier Delarue, qui annonce aller en justice.
Rapporté (au conditionnel)
Questions fréquentes
- Quel est l'âge de Philippe Pétain ?
- Philippe Pétain est décédé(e) le 23 juillet 1951, à l'âge de 95 ans.
